Music: * _____Traduction: *Mains aux doigts effilés qui doucement glissent sur la peau,
Reflets irisés d'un diamant d'une perfection à demi-mot.
<<Oublie le passé, ne pense pas au futur,
seul le présent peut te libérer de tes angoisses.>>
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___La lumière tamisée de mon réveil ainsi que la musique qui s'en échappait me sortit de mon sommeil. Je m'étirai en baillant, sentant mes
9 années de danse s'éveiller avec moi. Sans écouter mes pulsions, je me levai en même temps que mes volets électrisés, et entrai dans ma salle de bain. L'eau se mit aussitôt à couler, et lorsque je me fus déshabillée, je m'enfonçai dans une baignoire gigantesque remplie presque à ras bords d'eau savonneuse.
___Je me délestai de ma crasse les yeux fermés, cherchant
un repos que je n'arrivais pas à trouver. A chaque instant
Ton image me revenait. J'avais l'impression de
Te trahir à chacune de mes respirations.
Culpabilité du Survivant. J'avais lu ça dans un magazine que mes parents avaient eu soin de laisser sur mon chemin. Il parait que les personnes ayant survécu à un drame qui a entraîné la mort d'un de leurs proches ont des remords, voudraient être morts à la place de l'autre, et se posent sans cesse la même question :
________- Pourquoi moi ?
___Ma voix s'éleva dans la salle de bain, avec pour seul auditeur l'écho. Oui,
pourquoi moi. Pourquoi est-ce
Toi et non
moi qui a été diagnostiquée de ce cancer ?
Comment se fait-il que tu aies pu avoir cette maladie, toi qui n'a
jamais fumé,
jamais bu,
jamais consommé d'alcool ni même de médicaments ? J'avais vu sur les toilettes de notre école un tag qui maintenant était mon mot d'ordre :
"Life is a bitch, and then you die". C'est exactement ça.
Ma vie entière est concentrée dans cette petite phrase.___J'ai
tellement rêvé de prendre ta place, de venir sur ce lit d'hôpital, de mettre tes perfusions à mon bras, perdre mes cheveux, mais de
Te voir souriante à côté de moi.
En vie. Et en bonne santé.___Je plongeai ma tête dans l'eau, espérant faire taire mes pensées dans le vaste silence aqueux qui vidait ma tête, avant.
Avant. Il aura toujours un « avant » et un « après »
Ta mort. Enervée par mon incapacité à penser à autre chose qu'à
Toi, je sortis du bain. Je m'enveloppai dans une serviette, et entrai dans mon dressing. Il était plus grand que ma chambre.
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________- Punaise, Sia, mais comment tu fais pour avoir autant de vêtements???
________- Mes parents. Ils pensent qu'en tant que fille habituée aux tapis rouges, je me dois de ne jamais porter la même tenue deux fois. Et pour ça, les couturiers se pressent pour me proposer leurs créations, à porter lors des galas pour leur faire de la pub. La marque Sia, ça vend.___Je lui souris d'un air désabusé, les yeux pleins d'excuses. Elle s'allongea sur mon lit, mit les mains derrière sa tête.
________- Qu'est-ce que je rêverais d'avoir une maison comme ça...
___Aussitôt, je lui sautai dessus en riant.
________- Tu y dors déjà presque tous les soirs! Et si tu veux, j'échange mes parents contre les tiens! Les tiens, au moins, se souviennent de ton âge...___Elle se redressa.
________- Non...Ils se sont encore trompés?
________- Sur le gâteau, il y avait marqué 13 ans...
________- Mais ils peuvent pas se mettre dans la tête que tu grandis? Ca fait deux ans que tu n'as plus 13 ans!
________- Heu, oui, ça moi je sais, mais pour eux...Une fille de 15 ans, ça les fait vieillir, tu comprends?
________- Mouais...Ca te fait surtout vieillir toi!
___Je lui lançai un coussin qu'elle attrapa avant de me l'envoyer dans la figure. En riant, nous commençâmes à nous assommer à coups d'oreillers.
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___Mon sourire flottait encore sur mes lèvres quand j'entrai dans la cuisine. Les yeux bleu azur de ma mère me scrutèrent. Je crois qu'elle avait perdu l'habitude de me voir sourire. Depuis
Ta mort, elle avait arrêté de tourner, et s'était entièrement consacrée à moi.
Maintenant, elle savait mon âge. Et beaucoup d'autres choses. Sans importance pour moi,
maintenant. Mais pour ma mère,
si. Ses cheveux avaient blanchi, son visage s'était peu à peu délesté de ses couches de maquillage, des rides étaient apparues sur son front, ses vêtements s'étaient allongés.
Dans la maison. Evidemment, rien n'avait changé sur les photos que la presse people continuait à s'arracher. Seuls ceux qui partageaient son quotidien pouvaient voir les racines blanches qui pointaient lorsque sa coloration s'estompait.
________- Tu as l'air de bonne humeur, aujourd'hui, ma chérie. Que me vaut le plaisir de voir enfin un sourire sur ton visage ?___Je ne répondis pas, mais saisis une tranche de pain brioché dans le toaster. Je m'assis sur une des chaises qui entouraient la table, commençai à arracher des morceaux de mie pour les rouler en boule et les mettre dans ma bouche. Je les suçotai lentement, attendant le chuchotement qui ne manquerait pas d'arriver.
________- Sia... Parle moi. Je t'en supplie, parle moi. Ne t'enferme pas dans ton silence. Ca fait trois ans. Passe à autre chose, Sia. Tu sais qu'elle n'aurait pas voulu que tu...___Je me levai lentement et retournai dans ma chambre, laissant la tranche de pain à peine entamée sur la table et ma mère à ses inquiétudes. Une fois passé le pas de la porte, je me retournai et tournai la clé deux fois dans la serrure.
___Quand mes parents, craignant que je ne fasse de bêtises, avaient retiré la clé, je n'avais pas mangé pendant deux jours. Il me l'avaient rendue. Et toquaient régulièrement à la porte, espérant une réponse, un simple coup de l'autre côté de la porte leur répondant.
___J'ouvris la fenêtre, passai dans le jardin, le traversai, sautai par-dessus une barrière et rejoignis le chêne qui avait si souvent supporté mes sanglots. Je m'assis contre le tronc et observai le ciel.
___C'était comme un rituel. Le jour, je dévisageais les nuages, la nuit, je côtoyais les étoiles, continuant inlassablement à chercher des traces de
Toi.
Le paradis était une belle merde. On enfonce notre corps six pieds sous terre, et on nous jure que notre âme est apte à s'envoler vers le ciel.
As-tu déjà vu un Homme s'envoler ? Je ne crois pas à l'existence des âmes. Sinon la
Tienne se serait déjà manifestée à moi.
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________- Dis, tu crois à la Vie après la Mort ?___Nous étions encore allongées sur mon lit, les mains derrière la tête, fixant le plafond, nos pieds enlacés. Elle avait posé cette question sans prévenir, déchirant le silence tranquille qui s'était installé.
________- Oui. Tu crois sincèrement que la Mort peut nous séparer ? Non, c'est obligatoire qu'on se retrouve après être mortes... Donc il y a une vie après la Mort.
___Elle tourna sa tête vers moi et me sourit.
________- C'est ce que je pense aussi. De toute façon, on se retrouvera au Paradis.
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___Cette phrase était devenue notre mot d'ordre, notre phrase de ralliement. Je l'avais détestée à l'instant où
Tu m'avais annoncé ta maladie. Mais
Toi, tu l'avais prononcé d'autant plus. C'était même
la dernière phrase qui me venait de
Toi.
___Je dépliai à nouveau ta dernière lettre, qui était toujours sur moi depuis
3 ans. Je l'avais reçue trois jours après
Ta mort. Ta mère me l'avait envoyée,
Tu lui avais demandé pendant que
Tu agonisais. J'avais pleuré pendant
une semaine, ne sortant que pour prendre les plateaux-repas que mes parents déposaient devant ma porte. Puis j'étais enfin sortie, pour jeter dans la poubelle les restes de notre amitié.
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Deuxième essai.
Très fière de voir tous ces commentaires géniaux que vous m'avez laissé.
N'oubliez pas d'en laisser à nouveau sur ce chapitre si vous voulez être prévenues de la suite.
Ici, il faut voir le début des flashs backs entre avant et après le diagnostic du cancer.
Il y en aura beaucoup dans la suite de l'histoire, pour montrer l'importance de ce passé.
Je pense écrire mon troisième chapitre rapidement, je pars en vacances samedi prochain, pour un mois.
Je posterai dès mon retour, je pense écrire pendant ces vacances.
Si je peux, j'essayerai de venir sur la Toile et de vous poster le troisième chapitre avant mon retour.
Mais dites moi ce que vous pensez de ce chapitre.
Encore merci pour tous vos commentaires d'encouragements.
[Auriculaire]